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Paralysies

22 février 2025 par
Siegfried Dubois
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Tout se bloque et s'entrechoque. Il n'est plus de mots pour exprimer ce que je suis, j'en suis au-delà. Le tableau - physique comme clinique - donne à penser l'impression que la terreur existentielle a gagné, a infecté mon organisme tout entier de ses angoisses, murmure les sordides édits de ma survie.


C'est de cela dont on parle : ma survie. Je lutte pour elle, pour mes proches qui ne pourraient pas me voir partir si tôt. Mais je ne suis pas capable de le faire pour moi. Je suis en stase. Je regarde passer les minutes, les heures, les jours, sans les vivre ou même les ressentir exister. Je suis confus dans les dates, les horaires perdent leurs sens. La moindre tâche me dévore dix fois plus de temps qu'il ne m'en faudrait, car tout est embrumé. Je navigue à vue sur une mer calme, où l'on ne voit pas à plus de deux brassées. Calme, car les molécules m'y astreignent ; opaque, car ces mêmes substances m'y contraignent. Au moins, la brume y est blanche et non noire, de ce noir d'encre mortel qui m'a enlacé durant des années.


Pour autant, quelque soit la couleur de la brume, nulle promesse qu'un soleil existe. Le rêve est-il seulement encore possible ? Ou bien passerais-je le restant de mes jours à errer entre mes cauchemars ?

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