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De l'appréhension

17 décembre 2024 par
Siegfried Dubois
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"Crainte vague d'un danger futur" - c'est la définition que l'on en donne. Pourtant, elle est bien là, bien réelle, quand elle tord les boyaux et empoisonne l'esprit.


J'y ai été particulièrement assujetti durant ma vie, par la nature catastrophiste de mon esprit. Et ce jour où je me décide à faire cette entrée de journal, j'en étais tout particulièrement touché et dévoré. L'appréhension, c'est l'anticipation maladive du verre à demi-vide. C'est ce cyanure qui ronge les tripes, tord les espoirs et pervertit les sourires. Cet état pathologique où chaque pensée ramène invariablement aux origines putrescentes de son existence. Rien ne reste à part attendre, dans une douloureuse patience forcée. Et après ? Souffrir encore d'exister l'attente d'une illusoire libération ? Sa tension reste, enfonce ses griffes. Chaque fois qu'elle s'en revient, elle est drapée de ses nouveaux atours flamboyants que cette différente situation lui offre ; la traîne changeante mais les ongles tout aussi aiguisés, perpétrant encore et encore la même douleur, rouvrant les blessures jusqu'à l'infection.


Une fois qu'elle a progressé jusque là, elle s'ancre dans ce qui fait de nous une personne. Notre habitus se modèle selon ses volontés, nos crises sont déclenchées par sa tyrannie, nos joies sont ternies de l'anticipation de la perte. Alors, rien n'a de goût ni de sens, tout est de cendres, tout se ressemble, s'efface et s'oublie. Tout glisse dans le magma de pensées, où l'appréhension, en reine despotique, trie sur le volet les fragments de bonheur volés.

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