Il y a peu, et encore aujourd'hui, j'ai écrit un billet de blog, qui ne sera pas publié, qui m'a terrifié. La noirceur de celui-ci était abyssale, et je ne souhaite à personne de le lire. J'y vomissais toute la noirceur qui m'empoisonnait. Pris dans un quotidien qui me blesse, malgré la tendresse de certain·e·s de mes proches, je saigne mes pieds à traîner sur les éclats de verre.
J'ai besoin de douceur et de calme. L'actualité me détruit, je dois m'en couper pour un temps. Je dois faire attention à moi, car je ne suis pas loin de la glissade. Il faut que je me coupe d'une part des personnes auxquelles je dédie trop d'attention alors qu'elles n'ont plus rien à faire de mon cas. Je dois prendre soin de ce que je peux encore, cultiver les jardins dont toutes les plantes ne sont pas piquantes. Écrire la beauté et exfiltrer les ténèbres de ma poitrine, construire en solitaire ce que je rêvais de faire à plusieurs.
Mon esprit est blessé. Je dois faire encore quelques tâches, puis devenir plus secret. Plus discret. Poursuivre mes projets depuis l'ombre, abandonner mes tentatives désespérées d'une création collaborative. Si certain·e·s le souhaitent vraiment, iels savent où me trouver. Pour les autres, je dois être un spectre - de ceux qui errent ça et là, lâchant erratiques murmures à la brise du vent. J'ai tant de belles choses à faire, peu importe si l'on me comprendra.
Il faut que je taise ma communication en ligne, et que je camoufle et chérisse les étincelles que je souhaite faire briller. Rien n'est prêt pour mes invité·e·s, je dois allumer les bougies et laisser la plume gratter le papier. Revenir à une vie plus lente, calme et modeste. L'un après l'autre, suspendre mes réseaux, cesser de m’époumoner dans des chambres d'échos que je construis moi-même.